mardi 17 avril 2007

Spanglish

Le déjeuner au Grand Hyatt. La grande classe.


Une raie à longue queue. Est-ce que c'est ça qui a tué Steve Irwin?

Les hommes-grenouilles de l'aquarium, et au centre, les trois filles du Québec, Raphaëlle, Julie et moi.


Ma bette vue par un caricaturiste.

« Is spanish your first language? » que m’a demandé Hannah ce soir. Je parlais avec la journaliste depuis quelques temps quand la question a surgi. « Ben non, c’est le français ma langue maternelle. Pourquoi? » « Tu as un accent espagnol quand tu parles anglais. » Ça m’a pris quelques minutes à me remettre du choc. Dire que le matin même, j’avais raconté à Raphaëlle qu’on me prenait souvent pour une européenne. C’est que, m’avait-on dit, mon anglais avait des teintes British. Sûrement à cause de ma monitrice au secondaire qui venait de Wales. Ce n’est donc plus vrai.

Je m’étais justement passé la remarque ces derniers jours que je trouvais plus difficile de m’exprimer en anglais qu’avant. Que je ne reconnaissais pas ma manière de parler. Bah!, je me disais, c’est sûrement un genre de rouille de cerveau. Sûrement à voir avec mes derniers mois en contrée hispanophone. Justement. Hannah a vu clair. Maintenant, les langues ne sont pas juste mélangées dans ma tête, elles s’influencent l’une l’autre quand je parle!

Le congrès des journalistes scientifiques s’est ouvert hier soir au Grand Hyatt de Melbourne, hôtel chic du centre-ville, voisin de Chanel, Mont Blanc et autres magasins à rabais. J’ai eu une première journée bien intéressante, surtout dans les rencontres de journalistes de partout dans le monde. J’ai interviewé des gens qui devaient être tellement intéressants qui ont fait chou blanc, et d’autres qui m’avaient filé entre les doigts que j’ai rattrapés à temps pour raconter leur histoire invraisemblable. Des fois, les vedettes deviennent bien unidimensionnelles quand on les approche. Et le scientifique discret s’avère un héros au courage indéfectible. Celui-là m’a donné l’impression de toucher l’absolu.

Ce soir, nous avons eu un cocktail à l’aquarium. Des musiciens habillés en hommes-grenouilles se promenaient joyeusement entre les convives. À côté de nous, derrière quelques millimètre de plexiglas, des requins, raies et autres spécimens faisaient la tapisserie vivante. Un caricaturiste m’a bien fait rire en me tirant le portrait. J’ai jasé avec du monde de partout, et entre autres de ce pays étranger appelé Ontario. Eh oui, les deux solitudes. Et nous sommes revenus, gang bigarrée de journalistes aux origines diverses, en marchant lentement le long de la rivière reflétant les gratte-ciel, à la chaleur de cette nuit d’automne qui émet encore les effluves de l’été.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Allô Mélanie!

Je vois bien que le caricaturiste a à peine exploité ton sourire légendaire...hum!

J'ai hâte de savoir quel sera ton accent lorsque tu parleras français.

En tout cas moi,j'aimerais bien me promener dans les effluves du printemps parce que là c'est plutôt la slush qu'on connaît.

Bon congrès,

Je t'embrasse
Francinexxx

Unknown a dit…

Bonjour belle Mélanie,

Comme Francine, je ne te reconnais pas sur la caricature. Il manque ton beau sourire.

Tu t'amuses bien, tout en découvrant des beautés humaines. Merveilleux. Là, je reconnais la belle femme que tu ES qui sait découvrir le beau et le bon.

J'aime beaucoup tes expressions qui nous amènent à bien voir et ressentir ton vécu. La tapisserie vivante en est un bel exemple.

Merci pour tout le plaisir et les découvertes que tu nous fais vivre. Même si ton accent change, la belle femme en toi demeure la même.

Bisous et bénédictions.

Je t'aime

Jeannot XXXXXXXX