Jeudi 8 mars 2007
Deuxième journée de l’expédition Uyuni-San Pedro-de-Atacama
Moi sous l´arbol de piedra, sculpté par le vent. Et il ventait! (je tiens mon chapeau et j ai un foulard pour respirer dans le sable en suspension)
Des flamands roses, il y en a pas juste en Floride! Ici, ils vivent dans une des lagunes colorées, à plus de 4000 mètres.
Traverse de lamas.
Hier soir, nous sommes arrivés dans un refuge vraiment très bien. On a eu de l’électricité en soirée (tout le monde s’est jeté sur les prises de courant pour recharger ses batteries de caméra), avec eau chaude, un bon souper avec du thé noir que j’ai beaucoup aimé. Quelle joie d’avoir du bon thé! Les petits détails deviennent des bonheurs incommensurables, parce que tellement précieux.
Aujourd’hui, direction lagunes et flamands roses. Même s’il dit faire l’expédition chaque semaine, Franklin arrête souvent pour décider vers où nous irons. Pourquoi il ne se souvient pas de la route? Mystère... On coupe finalement au milieu de rien, dans la bouette. Dans un désert de bouette. Nous sommes restés enlisés la première fois quasiment juste pour rire. La seconde fois, là, on riait moins. Fallait voir tout le monde autour à prendre des photos, et notre Franklin et son collègue se demander comment ils nous sortiraient de là. Roues avant gauche et arrière droite enlisées jusqu’à l’essieu dans la merde liquide. Je suis bien contente que nous soyions deux véhicules, au moins, on sait qu’on peut compter sur l’autre. Pour faire quoi, par contre, je sais pas. Cette fois là, l’autre équipe ne nous a servi à rien (mais nous on leur a servi à prendre des photos bien spectaculaires). Et l’autre Français qui faisait des blagues en disant qu’ils allaient nous laisser là. Je lui ai répondu « C’est ça, hein, les Français, on vous reconnaît, abandonnez les Canadiens encore! » Finalement, un autre convoi de camionnettes à touristes est passé. Avec leur câble à l’avant (qui fonctionnait pour leur part), ils nous ont tiré. Facile. On a refait la vague et puis hop! dans la camionnette. On the road again...
Nous avons une obsession pendant cette expédition : voir un tatoo. Ça existe en Bolivie, il y en a dans les musées, il y a même des sortes de guitares faites avec des carapaces, mais des vivants, on en a pas encore vu. Donc, on sait qu’on va voir des flamands roses, mais on veut des tatoos en plus. Franklin dit qu’il n’en a jamais vu ici. Tant pis, c’est pas parce qu’il n’en a pas vu qu’il n’y en a pas. On en cherche quand même. Alors après cette 2e journée, on a vu des empreintes de tatoos, des maisons de tatoos, des os de tatoos, des cacas de tatoos, des descendants métissés de tatoos et llamas ou tatoos et condors. On a même pensé en appâter de la camionnette pour en pêcher et s’en servir comme 4e roue en cas de besoin. Certain que le deuxième groupe s’amuse moins que nous.
Hier, j’avais proposé de faire la liste des choses qui ne fonctionnent pas sur le véhicule. Les gars ont plutôt suggéré de faire la liste des choses qui fonctionnent. Bonne idée, aussi bien de voir ça positivement.
Listes des choses qui fonctionnent dans le véhicule :
Le moteur tourne la plupart du temps
La lumière avant droite s’allume
les quatre portes s’ouvrent, se ferment et se barrent (vraiment excellent)
les deux fenêtres électriques à l’avant se baissent (mais ont besoin d’être aidées pour remonter)
les quatre roues peuvent être motrices (sinon, on ne s’en serait jamais sortis)
le volant dirige les roues (mais il n’est pas droit quand on va tout droit, mais c’est pas grave)
les aiguilles de la batterie, du gaz et des RPM indiquent quelque chose
les essuie-glace balaient le pare-brise (mais sans lave-glace autrement qu’avec bouteille d’eau versée manuellement)
le capot s’ouvre (fondamental, pour toutes les fois ou Franklin est allé jouer dessous)
les haut-parleurs de radio donnent du son (pour écouter du grichage selon le désir car il n’entre aucun poste, et impossible d’écouter cassette ou CD)
le klaxon crie (mais aucun besoin, il n’y a aucun autre véhicule autour de nous)
le banc arrière se tire pour charger les sacs
les cendriers dans les portes s’ouvrent et se ferment
les bancs sont correctement confortables (quelle chance nous avons)
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