lundi 26 mars 2007

Deux mois pour m'y faire

Dans le journal le jour de mon arrivee a Valdivia. Fallait que j aille voir ca.



Et ils etaient la.

Et moi aussi.


En randonnée dans le Parque Oncol, un peu au nord de Valdivia. La végétation était fantastique. Ici, des bambous.


Un p´tit sandwich de viande hachée crue? Mmm....



Oui, je suis un type sauce, mais là, ça dépassait toutes mes attentes... En dessous, c´est une crêpe au poulet. Et j´ai pas compris pourquoi ils m´ont aussi apporté ketchup, mouarde et sauce barbecue.


J ai fait une petite croisiere sur la riviere pour visiter un village pres de Valdivia. Ce cedre etait le clou de la visite. Faut pas s attendre a trouver une tour Eiffel partout ou on va... Mais le coin etait agreable et tranquille. J ai quand meme aime.


Toujours aussi perturbant pour moi de voir des souliers pour enfants au prix d une auto...


Valdivia sur la riviere, qui communique avec la mer a quelques kilometres de la. C est par la que le tsunami est arrive en 1960.


Je me pratique pour prendre les iguanes en Australie.


Ce soir, je regarde les résultats des élections sortir en même temps que vous. Je vois sur le site de Radio-Canada que Jean Charest est défait, puis ma mère me dit par Skype que, coup de théâtre!, il est élu. Mais dans tous les cas, Bernard l'a déjà annoncé, ce sera Libéral minoritaire. Ce que je n'ai pas vu venir, et vous non plus paraît-il, c'est l'ADQ à l'opposition. Là, je me suis sentie bien loin de la réalité de mon chez-nous. Déjà d'entendre parler des tempêtes de neige, c'était tout un décalage pour moi qui vivais l'été bolivien, mais une quarantaine de députés de l'ADQ, ça, c'est simplement inimaginable. "T'as deux mois pour t'y faire." que me dit mon amoureux. C'est vrai, je reviens dans deux mois.
Je suis à la moitié de mon périple. J'ai passé la barre cette semaine. Déjà deux mois. Reste juste deux mois. J'ai des sentiments bien partagés alors que je sens que le temps file, mais que ça fait déjà si longtemps que je suis loin de la maison. Je me sens désormais au-dessus de la vague, sur la lancée, en vitesse de croisière. J'ai passé le pire de l'ennui, le pire du sentiment brûlant de vouloir revenir. Et en même temps, encore deux mois, c'est long.
Je quitte le Chili dans 11 jours. Ça, c'est court. Et de penser à l'Australie, ça me donne une inspiration nouvelle. Ce sera un autre voyage. Une autre monnaie, d'autres paysages, un pays vraiment développé, et... oh diantre, une autre langue. On verra bien rendu là! D'ailleurs, mes deux Australiens rencontrés en randonnée dimanche m'ont donné un aperçu de l'accent. J'ai eu un petit cours: il faut pas dire Melbourne, il fait dire Melbooouuaaawww. Et Sidney, c'est Sidn. Très vite. De la même manière que les Montréalais disent la rue St-Dnis. Je ne sais pas si j'ai bien réussi, mais dans tous les cas, j'ai fini la journée avec une invitation officielle dans le palace d'un des deux beaux-frères, qui a amplement de chambres depuis que les enfants sont partis.
Demain, je remonte vers Concepcion, finalement. J'ai bien aimé mon passage à Valdivia, ville pleine de nature, et où la nature est en pleine ville aussi: les énormes loups de mer(ils disent lobos en espagnol) se prélassent sur la promenade le long de la rivière qui entoure Valdivia. Les gens sont beaucoup plus abordables qu'en ville. Mais ils ont un accent toujours aussi inintelligible...
Le clou de ma journée, que dis-je, de mon séjour dans la région, a été la Juanita, rencontrée sur le dessus des falaises faisant face au Pacifique, à une vingtaine de kilomètres de Valdivia, encore plus loin que le village de Niebla. C'est le camping d'à côté, où je suis tout bonnement entrée pour voir la vue, qui m'a référé à elle. (Prenez-ça en note: s'il y a un coin où se louer une maison au Chili, c'est au hameau de Playa Rosada. Facile: prendre le bus direction Niebla, mais continuer le plus loin possible. Quand il arrête pour se tourner, c'est là qu'il faut descendre. À droite, c'est la maison de Juanita, ses chiens jappent mais sont gentils. À gauche un peu plus en bas, c'est le camping d'Elsa. Elle a aussi une petite maison avec chauffage au bois à louer. Quand tu vois "Camping y cabana Pina del mar", tu sais que tu es arrivé au paradis.) Au camping, Elsa m'a dit: "Faudra que tu parles fort, elle est un peu sourde." En montant l'allée vers la maison indiquée, j'ai dit, par dessus le jappement des chiens, "Je cherche la Senora Juanita." J'ai eu comme réponse: "Hein?" C'était elle.


Au bas du camping Pina del mar, le Pacifique.


C est sur cette falaise au loin que Juanita a vu la premiere vague du tsunami frapper.


"De la visite du Canada? Ah! Bienvenue, bienvenue dans notre Chili. Merci de venir me voir." qu'elle me disait en m'entourant bien fort la main. "Le tremblement de terre? ah oui..."
Elle, elle a vécu le tremblement de terre de 1960, le plus gros jamais enregistré (c'est écrit ça partout, mais faudra que je compare avec celui de l'Indonésie). Elle, elle a vu la première vague du tsunami frapper sa falaise. Et la deuxième, et la troisième, jusqu'à la dixième. Elle aussi a pensé que c'était la fin du monde. Mais elle vit toujours là, 83 ans, sans dent, avec ses animaux, et ses enfants qui ont maintenant chacun leur maison autour de la sienne. Toujours en haut de la falaise, où elle n'aura jamais eu peur des vagues.
En partant, elle m'a dit, toujours en me prenant la main de manière bien sentie: "Que ton voyage se passe bien, et que tu retrouves ta maison comme tu l'as laissée." Oui, dans deux mois. Mais ce sera... avec un gouvernement Libéral minoritaire...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour ma belle Mélanie,

Je me reprends pour une troisième fois. J'ai dû appeler tes chers parents. Ils sont toujours aussi gentils. Point besoin de se demander pourquoi la fille est si fine...

Je viens de lire ton dernier compte-rendu avec les photos très parlantes. Félicitations ! Tu es formidable ! Quel voyage instructif ! Tu en auras beaucoup à raconter.

Que le Seigneur t'accompagne dans tout ce que tu fais ! Qu'Il te protège !

Je ne t'oublie pas.

Amie Soeur Suzanne