jeudi 29 mars 2007

L’entrevue mystère

Pour me rendre a l entrevue a l Universite de Concepcion, je devais prendre l escalier a cote de la baleine, un rorqual commun.


Mercredi 28 mars 2007

Comme la fois où, par une série de coïncidences, on est entrés au Grand Théâtre sans savoir ce qu’on allait voir et sans payer, j’ai aujourd’hui interviewé un chercheur sans avoir la moindre idée de ses recherches.

-Puis-je parler à Señor Hernandez svp?
-Un instant, je vous transfère, que me répond la secrétaire de la faculté.
-Allo?
-Sr Hernandez?
-Oui?
-Je suis la journaliste scientifique canadienne qui vous a écrit il y a quelques jours.
-Ah? Je n’ai pas reçu ce courriel.
-Ah non? Bon, alors quelle chance que je vous appelle. Donc, vos recherches en Patagonie m’intéressent, et particulièrement votre dernière excursion. Pourriez-vous me recevoir pour en discuter?
-Oui, mais comment en avez-vous entendu parler?
-J’ai vu un article sur le sujet dans El Mercurio de décembre.
-Ah oui? Je ne savais pas, faudrait que vous me le montriez. Donc venez à 17h, à tel édifice de l’université, 3e etage.

Rendue au 3e, j’arrive sur une porte barrée. Je demande pour Sr Hernandez à quelqu’un qui entre. Mais c’est l’étage de la zoologie, je dois aller en océanographie. Cristian Hernandez? Non, Victor. Ah! C’est un étage de plus. En montant les marches, je me dis coudonc, les Hernandez, c’est comme les Tremblay chez nous, y’en a partout! J’arrive dans des labos, je demande à la secrétaire. Elle me dit qu’il est absent pour quelques instants. J’attends. Il arrive.

-Bonjour, c’est moi Mélanie.
-Oui? qu’il me fait avec une face en point d’interrogation.
-La journaliste, avec qui vous avez parlé tout à l’heure.
-Pardon?
-Nous avons rendez-vous, nous nous sommes parlés en début d’après-midi.
(suite de hein? Quoi? Ben oui j’ai parlé avec un Sr Hernandez. Quelqu’un s’est peut-être fait passer pour moi, etc.)
Je sors mon cellulaire, je montre le numéro composé. Oui, c’est bien la faculté. Et là, ça allume dans ma tête. J’avais demandé Señor Hernandez. Pas Victor Hernandez. Je suis donc devant un chercheur qui n’a aucune idée de qui je suis, et il y en a un autre qui m’attend un étage plus bas dont je n’ai aucune idée de ce qu’il fait.
Alors mon Victor Hernandez ne peut pas me recevoir à ce moment-là, on s’entend pour se voir le lendemain. OK, bye.

Mais là, qu’est-ce que je fais avec le Cristian Hernandez? Je me dis, je vais me présenter comme si de rien n’était, je ferai l’entrevue et si c’est intéressant, ça me fera un autre sujet. Parce que sinon, ce serait un peu humiliant pour lui.

Je me présente à l’étage de la zoologie. Le Cristian est parti quelques instants (coudonc! Mais ainsi, il ne se rendra pas compte de mon propre retard puisqu’il est maintenant bien passé 17h). Je demande à la secrétaire :
-Avez-vous des informations sur les recherches de Sr Hernandez?
-Oui, dans le corridor, il y a les articles publiés.

C’est ma chance de pas avoir l’air trop nouille et de dire autre chose en partant que « contez-moi donc ce que vous faites dans la vie » puisque je suis supposée être intéressée par ses recherches.
Je vois rapidement « distribution des mammifères dans le cône sud-américain. » Bon, pas nécessairement excitant comme ça. J’ai de la difficulté à lire, j’arrête pas de rire.
Il arrive.
Bonjour, bonjour.
-Avant de commencer, dites-moi comment vous avez entendu parler de mes recherches.
C’est fichu, ma stratégie de dissimulation ne fonctionnera pas. Je raconte ce dont je viens de me rendre compte.
-Donc, mes recherches ne vous intéressent pas dans le fond.
Doh! Je patine élégamment :
-Euh, bien, je couvre des sujets typiquement chiliens alors étant donné que vous êtes spécialisé dans la faune d’ici, ça peut m’intéresser.

Et voilà, nous sommes lancés. Le hasard a fait que le Cristian avait aussi fait une expédition en Patagonie il y a quelques mois, et que ce que j’avais dit au téléphone s’appliquait presque en entier à ses recherches. Finalement, c’était un spécimen rare que ce biologiste. Ça sera un excellent sujet.

En prime, à la fin, il me demande les autres thèmes dont je veux traiter, en m’offrant de me référer à des collègues. En m’écoutant, il dit : « j’ai celui qu’il te faut. » Il appelle. L’autre arrive. Nous discutons. Et voilà, vendredi, je pars échantillonner les fonds marins au large de Concepción à la recherche de bactéries bizarres...

Mais ne vous inquiétez pas, j’ai aussi des sujets planifiés pour lesquels j’ai contacté les chercheurs avant et, d’habitude, mes entrevues sont préparées...

1 commentaire:

Aline a dit…

Chère Mélanie tu nous fais vivre un merveilleux voyage par monts et par vaux mais sans les aléas que tu vis au jour le jour. En tout cas tu ne perds pas de temps, on se demande si tu as le temps de te reposer un peu, que c'est beau la jeunesse. Nous aimons beaucoup te lire et Marcel a toujours hâte d'avoir de tes nouvelles. Continue aussi intensivement ton voyage et nous pensons beaucoup à toi.
Bien oui le gouvernement est libéral minoritaire hihi !
À bientôt

Aline
xoxoxo