vendredi 2 mars 2007

Une main de fer sans gant de velours

Empreintes de dinosaures mises au jour dans une carrière près de Sucre. Vue à travers une longue vue puisqu´on ne peut pas s´approcher. La surface est maintenant presque verticale, depuis la formation de la Cordillère.
Mél et une patte de la plus grosse bibitte du parc crétacé.

(aucun lien entre les photos et les pérípéties qui suivent)



Vendredi 2 mars 2007


D’habitude, les scientifiques sont plus qu’heureux de recevoir les journalistes. Je savais bien que les politiciens, moins (sauf en période électorale peut-être!). Je viens d’avoir mon baptême du feu sous le thème « entrevue hostile ». La personne interviewée voulait juste que je déguerpisse de sa vue.
Elle avait à peine 5 minutes pour moi. Elle en a passé 4 à me demander qui coordonnait mon travail en Bolivie, comment j’avais obtenu mon autorisation de travail ici, qui m’avait permis de la rencontrer, pourquoi elle n’avait pas eu de demande d’entrevue par une voie officielle, pourquoi je voulais la voir, pourquoi mon horaire de travail n’était pas déterminé et contrôlé par une autorité bolivienne, pour qui je travaillais et où sortiraient les informations que je trouverais ici. Je me forçais à sourire alors qu’elle me reposait les mêmes questions, reniflant en crispant les yeux aux 15 secondes. J’ai essayé d’expliquer de plusieurs manières que j’avais mon visa de travail journalistique, et que j’avais rempli ma demande en donnant les détails de mon travail. Je pense que mes accords de verbes n’ont pas été parfaits.
Bref, quand j’ai finalement pu poser mes questions, ce qu’elle m’a répondu m’a montré qu’elle ne savait rien de ce que je cherchais. C’est peut-être pour ça qu’elle a tant parlé d’autres choses.
Elle a souri une fois. À la fin. Quand j’ai pris une photo. Après m’avoir demandé sans détour pourquoi je voulais une photo d’elle (pourquoi une journaliste prend une photo, donc, sûrement pas pour mettre dans son salon!). Et vlan, je me suis fait botter hors du bureau par l’assistant.
J’ai eu une petite frousse en passant la porte, la sécurité m’attendait. « Vous êtes journaliste? Suivez-moi. » J’ai reparti mon enregistreuse, au cas. Sourire, continuer à sourire. Le problème était que je n’avais pas la bonne passe pour entrer. Je ne sais pas ce que j’aurais dû annoncer, je n’avais pourtant pas fait de cachette de mon objectif de visite. Oui, j’avais rendez-vous, le Senor untel me l’a confirmé, bla bla bla. J’ai repris ma carte de presse, et Gracias Hasta luego, je me suis auto-bottée sur le trottoir rapido.
Tant d’efforts et de difficultés pour si peu...
Demain : direction Potosi, ville minière et surtout, la plus haute au monde. Diamox à la rescousse!



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