Vendredi 16 février 2007
Étant donné que personne ne s’est manifesté pour prendre ma place, j’ai décidé de rester. ;-) Le moral est revenu avec la diminution des brûlures et démangeaisons dont mes hôtes me gratifient chaque jour. Mon côté femme araignée disparaît peu à peu. Ma ténacité est sans faille. J’ai déjà passé 3 bouteilles de lotion-médicament. Et c’est pas fini...
J’ai profité de lundi et mardi pour travailler un peu encore à La Paz. J’ai ajouté deux entrevues à mon bagage (journaliste responsable des sciences au quotidien La Razon et doyenne de la faculté de pharmacie et biochimie de l’université San Andres), et je suis contente du contenu très pertinent. Je n’ai pas perdu mon temps dans toute cette désorganisation.
Je suis partie mercredi matin pour Copacabana, en direction de la Isla del Sol, au lac Titicaca. J’ai définitivement décidé de ne plus vouloir savoir le kilométrage vers mes destinations, ça ne donne aucune indication sur le temps de transport. Bref, partie à 10h de La Paz, j’ai mis le pied sur l’île en fin d’après-midi. Il y avait 2-3 heures de route, 20 min de traversier (les gens dans une barque, l’autobus sur un ponton), une autre heure de route pour arriver à Copacabana et finalement environ 2 heures de bateau jusqu’à l’île. Une chance que je ne sais pas toujours ce qui m’attend, ça me fatiguerait d’avance. Une fois dedans, pas le choix de continuer!
En lisant mon guide de voyage, j’avais décidé de prendre un hébergement de plus haute qualité, étant donné qu’il y avait un peu de choix à Yumani(5-10 lieux d´hébergement), le village au sud de l’île où je suis allée. Me semble qu’une salle de bain dans la chambre, avec eau chaude, je pourrais bien avoir ça une fois. Et la vue avec ça, tant qu’à y être. Je suis donc allée à un B&B (le seul), à un prix exorbitant (15$US). C’était parfait. Pour la campagne bolivienne, on s’entend. (J’ai aussi définitivement fait le deuil d’avoir des draps propres et une chambre qui sent rien, où que j’aille. À moins que ce soit le Ritz. Et encore, faudrait voir.)
J’ai pris ça relax en arrivant. De toute manière y’a RIEN à faire dans ce village, alors c’est ça que j’ai fait. C’est un peu ça que je voulais, la sainte paix, dans une chambre privée. (C’est bien le fun la vie de famille, mais je suis un peu tannée d’entendre la toune de Bob l’Éponge.) Sur la terrasse, j’ai écouté les ânes, cochons, lamas, chiens, chats, oiseaux pendant le coucher de soleil, en regardant la vue. Voilà, j’avais acheté la paix.
C’était la St-Valentin, et j’ai soupé avec un couple d’amoureux de Sherbrooke. Faut le faire quand même, trouver des Québécois si loin! J’entre dans le resto (choisi au hasard, ils se ressemblaient tous), et en saluant la seule personne là, je soupçonne du français sous son Buenas noches. Bien vu. Son chum nous a rejointes, et on a passé une super soirée. J’ai tellement ri avec eux! Deux personnes complètement pétées, complètement libres dans leur être, dans leur tête, dans leur coeur. Ils sont en voyage en attendant la rentrée en mars au Chili. Elle va étudier à Valparaiso, lui va travailler. Je pense bien faire un croche pour les recroiser...
Le lendemain, (après avoir réussi à prendre un douche chaude dans une autre chambre parce que la mienne ne fonctionnait pas, faut pas chercher à comprendre) je suis partie en randonnée vers le nord, vers les ruines pré-incas. C’est surtout ça qu’il y a à voir sur l’île. 2h30 de marche, paysages fabuleux. J’avais un peu l’impression d’être sur l’île Boudreau aux Îles-de-la-Madeleine. Île étroite, chemin sur la crête des montagnes, offrant la vue des deux côtés. Le chemin a été plus impressionnant que les ruines. Je crois que je n’ai pas d’intérêt pour les vieilles pierres. Oui, d’accord, ça date de 4000 ans. Oui, ils avaient du génie. Oui, c’est tout un labyrinthe (je me suis fait prendre). Oui, la vue est splendide. Peut-être que j’étais trop fatiguée pour apprécier. En tout cas, après 10 minutes, j’ai demandé où étaient les autres ruines (je pensais qu’il y avait deux sites). Non, c’était ça. Bon.
Le hasard a voulu qu’en descendant vers le village du nord pour prendre le bateau et revenir au sud (j’allais pas remarcher ça, j’étais crevée. Faut dire que c’est à 4000 mètres aussi, avec vent et soleil. J’ai attrapé mon premier coup de soleil d’ailleurs, sur le bout des mains. C’est tout ce qui dépassait.) un jeune homme a commencé à me parler. D’où tu viens, bla bla bla... C’était le guide l’expédition d’un jour de Copacabana. Il a été d’un grand secours finalement. Il avait le dernier bateau de la journée à aller au sud de l’île, avant de retourner à Copacabana. Une chance qu’il me l’a dit! Je suis donc embarquée avec le groupe. Je suis descendue à Yumani, et j’ai décidé de rentrer le soir même à La Paz. J’avais vu ce que je voulais, et je prendrais de l’avance sur mon trajet de retour. J’aurais perdu tout mon vendredi en transport sinon. Je suis donc montée chercher mon sac (c’est 30 min d’ascension pour arriver au village à partir du port. Bon, quand je dis port, on s’entend, c’est deux quais en bois dont les planches espacées plient quand on marche dessus.) et je suis revenue à temps pour repartir avec le groupe (dans ma descente, j’ai calculé que j’avais 5 min de lousse. J’ai acheté une nappe. Enfin.) Et hop, salut Isla del Sol! En chemin, j’ai passé une heure à me dire, tiens, on arrive. Mais non. Le bateau était si lent... En mettant le pied à terre, direction plaza pour prendre le bus. En courant, je me ramasse des biscuits, un jus et du chocolat pour souper (Une Toblerone, c’est super bon d’habitude, mais là, comme souper, beurk!). C’est que les kiosques ne vendent que des cochonneries, et qu’aucun resto n’était ouvert à cette heure pour emporter quelque chose. Je suis partie pour La Paz dans un bus avec siège qui se descend! Wow, heille, le gros confort! J’ai fini mon livre (avec ma lampe frontale, parce que, quand même, fallait pas penser que la lumière au dessus du siège fonctionnait), La grosse femme d’à côté est enceinte de Tremblay. Je l’ai beaucoup aimé. C’était un genre de baume pour le mal du pays. Ça m’a tellement absorbée que plusieurs fois, en levant les yeux du texte, je me demandais où j’étais. J’avais oublié que j’étais en Bolivie.
Donc, aujourd’hui, lavage, ménage, préparation des bagages. Je lève l’ancre de La Paz demain. Direction : Carnaval d’Oruro avec Delphine et compagnie. Ensuite, Cochabamba.
C’est encore un déracinement. Je m’étais bien plu ici, avec Sonia, Iracema, Carolina, Rodriguo et Juana. La petite vie de quartier à Miraflores, la ville que je connais bien maintenant, les petites habitudes, mes repas préparés par Sonia (thé servi à 17h inclus), mon dépanneur avec la madame qui dit « tu viens pour ta bouteille d’eau? », celle de la centrale de taxi qui me dit « un taxi? Encore pour 4h du matin? ». Mais je suis rendue à vouloir voir autre chose maintenant. Ça fait presque un mois que je suis à La Paz.
C’est encore un départ, et pas le dernier! Attention, elle est partieeeeeee!
1 commentaire:
Je me suis bien demandé si les Lamas crachent vraiment. En as-tu vu le faire?
Continue tes belles aventures toujours avec ta confiance habituelle.
Bisous et bénédictions.
Jeannot XXX
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