samedi 3 février 2007

La course au ministre de l’éducation

Jeudi 1er février 2007

Jeudi matin, mon téléphone sonne. Condido, l’attaché de presse du ministre de l’éducation m’annonce que j’ai une entrevue avec le ministre (ouais!) la journée même (woo-ouuu) pendant 15 minutes (on va faire avec) et il faut que j’envoie mes questions par courriel dans la demi-heure (quoi!!!). C’est que, l’obtention de cette entrevue étant hypothétique, et ayant déjà d’autres articles en cours, je n’avais pas encore concrètement et dans le détail préparé mon entrevue avec le ministre. J’appelle Sonia, j’appelle Iracema. Je leur demande leur aide pour ne par faire de faute dans mes phrases. Bon, mes accents sont à la bonne place, je mets les points d’interrogation à l’envers au début des phases, je vérifie la cohérence de tout cela, je mets le fichier sur ma clé USB et je cours (pour vrai, mais pas sur tout le trajet) à Internet du coin.
Toute ma journée a été consacrée à la lecture des politiques du président (qui ne dit pas un mot sur les sciences), d’articles sur le ministre, sur les actions de l’année passé de ce gouvernement... Deux heures avant l’entrevue, je retourne à internet pour lire d’autres articles, je me suis déjà habillée pour être prête à me rendre au ministère directement. Mon téléphone sonne. L’attaché de presse. Pouvez-vous venir le plus vite possible? L’entrevue se fera immédiatement. Woa! OK, envoie le taxi. Bon, il fait chaud maintenant, enlève le gilet de laine, remet de veston, place les cheveux, place le foulard, sors le carnet de notes, sors le crayon, mets l’enregistreuse autour du cou, m’assure que ma caméra fonctionne, et on est arrivés. Je sais pas ce que le chauffeur a pu penser de moi à me voir brasser de même! Une p’tite gorgée d’eau en allant vers le bureau des communications, et voilà, Condido m’attend. On part vers le bureau. Passe deux portes barrées, arrive dans l’anti-chambre, il me dit d’attendre là, la porte s’ouvre, il me fait signe, j’entre.
C’est grand un bureau de ministre, hein! Le ministre se lève, s’approche, me tend la main, me donne un baiser sur la joue droite (c’est comme ça en Bolivie) et on s’asseoit. Condido reste avec nous. Le ministre a ma feuille de questions. Il y répondra partiellement, et de manière très générale, malgré mes demandes de précision et d’exemples concrets. Faut dire que le pauvre est en poste depuis 8 jours seulement. Il obnubilé par la partie éducation de son mandat, et les sciences sont très secondaires à ce que je comprends. Elles font partie de la culture et de la société. D’ailleurs, sa compréhension des sciences est très philosophique, encore une fois loin du concret. L’entrevue a duré finalement 30 minutes.
J’ai pris des photos. J’en ai une de nous deux, debout à côté du drapeau des nations andines et du portrait d’Évo. Je dépasse le ministre d’une demi-tête. Et j’ai l’air d’un fantôme tellement je suis blanche à côté de lui. Je les trouve pas si foncés les Boliviens, mais c’est la première fois que je me vois à côté d’un.
Autres salutations remplies de muchissimas gracias, que c’est un honneur, oh non, c’est pour moi... Bien sympathique.
L’attaché de presse m’a reconduite, m’assurant de son aide si j’avais encore besoin de quelque chose. Vraiment, je suis bien traitée.
Et je suis dans la rue, à marcher vers rien, je suis juste euphorique d’avoir réussi à avoir cet entretien. Maintenant, comment je vais réussir à lui donner forme, ça cogite, ça cogite...

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