samedi 3 février 2007

L’Estado Major, ce n’est pas le plus grand stade de la ville

Mardi 30 janvier 2007

Ce matin, j’avais rendez-vous à 10h avec un membre de l’académie des sciences de la Bolivie, un autre docteur spécialiste des pathologies de l’altitude. J’avais pris en note l’adresse (je fais épeler le nom de la rue) et l’heure (et je répète les infos au complet). Pas de possibilité que je me trompe donc! On me précise que c’est en face de l’Estado Major. Ah ben oui, pas de trouble, le grand stade, c’est tout près, je passe devant chaque jour. C’est même l’indication à laquelle je me fie pour prendre le mini-bus pour revenir chez-moi. Il y en a qui affichent « Estadium », d’autres juste « Est. Mayor », mais hein, c’est la même chose, ils arrivent tous à la Plaza triangular à côté de chez-moi.
Je marche donc jusqu’au stade de futbol. Il est 9h55. Parfait, je vais arriver en temps. Je cherche l’affiche de la Clinique devant le stade, la vois pas. Bon, je vérifie l’adresse, c’est drôlement différent des choix devant moi. Là, y’a un problème. Cellulaire à la rescousse! J’appelle. On me demande où je suis. Devant le stade, voyons donc! Et ben cocotte, prend un taxi et amène-toi 10 blocs plus bas, sur la même rue. Je comprends rien, ça doit être qu’il y a deux stades(y’en a partout ici). J’y vais. En débarquant du taxi, je me dis que je vais quand même bien regarder kossé qu’il y a en face. Ç’a pas d’l’air d’un stade. C’est un haut mur de béton. Avec des publicités de l’armée bolivienne. La Clinique est devant l’Estado Major, l’État major quoi, le quartier général de l’armée. J’ai (encore) bien fait rire la tablée au repas du midi avec cette autre aventure.

Nouvelles en bref :
-Le temps a des propriétés élastiques surprenantes ici. Ma première entrevue qui devait durer 30 minutes s’est étirée sur 1h30, et mon autre docteur à la Clinique devant l’Estado Major qui devait me consacrer 15-20 minutes, m’a retenue 2h30. Je voulais presque me sauver.
-Je veux une entrevue avec le ministre de l’éducation (responsable des sciences) et mon ami Évo le président. Je talonne les services des communications du ministère de l’éducation et bien sûr, du Palais présidentiel. Les gentilles madames me reconnaissent maintenant quand j’appelle. Quoique ç’a peut-être à voir avec mon accent...
-Ici, le cordonnier du coin est vraiment au coin, tout près d’ici. Pas dans la bâtisse au coin, sur le trottoir au coin! Il monte et démonte son atelier chaque jour. C’est tout juste assez grand pour lui, sa machine à coudre et sa pile de chaussures. Il a fait une super bonne job pour agrandir mes souliers de cuir qui me faisaient souffrir. 10 Bolivianos, qui dit mieux?
-La première journée où j’ai décidé d’ôter mon imperméable de mon sac à dos parce qu’il faisait beau... ai-je besoin de terminer la phrase? Il a pas plu, il a grêlé. Juana me l’avait pourtant bien dit : à La Paz, faut être prêt à tout, tout le temps. Chapeau, lunettes de soleil, crème solaire, imperméable, gilet chaud. C’est le minimum. Je la crois maintenant. Le temps change tellement vite! En une semaine, j’ai déjà vécu trois orages(ça claque si fort, la maison en tressaille!), mis plusieurs couches successives de crème 45, et joué sans arrêt à mettre et ôter chapeau, lunettes de soleil, polar...
-J’ai fait la super gaffe de prendre un 100 Bolivianos pour un 10. Je voulais payer une ceinture à 5 Bs. J’ai compris après pourquoi la vieille femme me faisait des signes paniqués de refus quand je lui ai tendu le billet. Elle a même dû demander au kiosque voisin le change pour le 10 que j’ai finalement donné. Bravo la gringa, je te dis que c’est bon ça pour l’image des blancs...
-J’affirme que le sport national de la Bolivie n’est pas le futbol. C’est traverser les rues sans se faire tuer. J’ai toujours gagné à date.
-Je me suis promenée quelques fois avec Iracema. Voyant que j’étais un peu impressionnée par un carrefour à traverser, elle m’a dit, en bonne guide, « à mon signal, tu cours! » Elle a aussi la stratégie de traverser jusqu’au milieu de la rue et d’attendre là que l’autre partie se dégage. C’est vrai que parfois, c’est pas possible autrement. J’avoue que j’ai connu des endroits plus confortables dans la vie.
-Je me suis trouvé un poncho mercredi. Bonheur. Vendu à 68 Bs (11$), la femme m’a dit que c’est elle qui les faisait, que ça lui prenait presque une semaine, et que la laine d’alpaca nécessaire lui coûtait environ 50 Bs. J’ai vraiment pas eu envie de marchander.

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